PSYCHOLOGUE-ILE DE LA REUNION-974-psychothérapeute-974-ile de la Réunion-sexo-974, GOULOIS David

PSYCHOLOGUE-ILE DE LA REUNION-974-psychothérapeute-974-ile de la Réunion-sexo-974, GOULOIS David

Sexualité du couple après accouchement, David GOULOIS Psychologue 974

Après bébé, comment reprendre le chemin de la vie sexuelle ?

 

 

Essentielle : Après un accouchement, combien de temps faut-il à une femme pour reprendre une activité sexuelle ?

 

David GOULOIS : Généralement un bon mois. Maintenant, cela dépend du vécu physiologique de l’accouchement : épisiotomie, déchirure anale, énurésie secondaire…Mais le vécu psychologique de l’accouchement et de l’après accouchement est tout aussi important. En effet, un baby-blues (dépression de la jeune-mère) va ralentir le retour aux rapports sexuels. Egalement, la fatigue de l’accouchement, par exemple pour une grande perte de sang, ou encore la fatigue à s’occuper deux jumeaux, la fatigue à se lever seule la nuit pour l’allaitement, etc…vont forcément influencer sur la disponibilité à la sexualité.

 

Essentielle : Qu’est-ce qui change pour elle, d’un point de vue psychique et/physique ?

 

David GOULOIS : toute jeune maman (entendu que l’on peut avoir déjà 5 enfants, l’on redeviendra une jeune mère, la relation à l’enfant étant unique) passera par des moments de doutes, d’angoisses, de stress, en particulier si elle n’est pas soutenue par sa famille, sa belle famille et surtout, son conjoint (lui aussi doit participer à la puériculture).

Certaine femmes, bloquent psychiquement à l’idée de reprende une vie sexuelle, ne se focalisant que sur leur statut de mère, trop fusionnelle avec leur enfant. C’est assez typique en terres créoles, mais plus largement dans toutes cultures familiales matriarcales (ainsi l’éducation de l’enfant, le maternage est perçu comme l’accomplissement ultime de la vie et la mère, et du coup, elle ne vie que pour son enfant).

 

Essentielle : A quoi doit-elle s’attendre ? En quoi sa vie sexuelle va-t-elle changer ?

 

David GOULOIS : Il est clair que l’allaitement va freiner le rapport sexuel : je l’ai dit, pour la fatigue qu’il occasionne, mais aussi parce qu’il peut y avoir des douleurs aux seins s’ils sont engorgés. Je préconise à cet effet, le recours au tire lait, qui permet au père d’ailleurs, de se lever la nuit pour donner alors lui le lait maternel stocké au réfrigérateur. Après, il y a une fusion mère enfant qui est nécessaire entre la mère et l’enfant, mais elle ne doit pas être totale pour que le père prenne sa place de puériculteur mais aussi pour la femme ne s’enferme pas dans ce rôle de maternage et qu’elle n’oublie pas d’être femme de son mari, femme du monde. Paradoxalement, c’est le comportement de monsieur, qui prendra sa place auprès du foyer, qui encouragement la femme à se sortir de cette fusion totale. Le père doit donc être le tiers séparateur s’il veut reprendre (progressivement la sexualité).

 

Essentielle : Comment son conjoint peur l’accompagner dans cette étape problématique ?

 

David GOULOIS : De la patience et du soutien. La femme vie une étape compliquée, alternant joie et tristesse, certitudes et doutes quant à sa capacité à être aussi bien au meilleure que sa propre mère. Aussi, l’homme doit être patient, et ne pas être jaloux de son enfant (positionnement qu’un homme immature peut prendre). A la femme aussi, de ne pas oublier son conjoint. Mais comme je l’ai dit, l’homme peut être force de proposition, concernant des sorties, des moments de couple, même s’il est vrai que certaines femmes ont des difficultés à confier leur enfant, ne serait-ce qu’une heure à mamie. Quoi qu’il en soit, il doit accepter une reprise de la sexualité progressive, il est vrai, un peu calquée sur les possibilités et envies de madame. Ainsi, avant de reprendre la pénétration, les caresses masturbatoires et la fellation peuvent être palliatifs à la frustration masculine. Qu’il n’hésite pas non-plus à se masturber lui-même.

 

Essentielle : Cette reprise, peut-elle s’avérer traumatisante ?

 

David GOULOIS : Oui si elle est trop pressée. Et encore, oui, si la femme a mal vécu sa grossesse, son accouchement, ou est dépressive. Dans tous les cas, un blocage dans ce registre, qui dure plus d’un trimestre, doit faire consulter le psychologue de couple-sexologue.

 

 

 Publié dans Essentielle.

 



13/09/2016
0 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 71 autres membres