PSYCHOLOGUE-ILE DE LA REUNION-974-psychothérapeute-974-ile de la Réunion-sexo-974, GOULOIS David

PSYCHOLOGUE-ILE DE LA REUNION-974-psychothérapeute-974-ile de la Réunion-sexo-974, GOULOIS David

Les violences conjugales

GOULOIS David, psychologue clinicien 974 -psychothérapeute 974, sexologue 974 consultations au cabinet à St Pierre tel: 0693917865.

   

 

Les violences conjugales PSY974:

 

Il me suffit de prendre Le Quotidien du jour, à la page « justice » pour tomber nez à nez avec encore une histoire de violence conjugale. 

 

L'indice de violence conjugale est de 15 % à La Réunion, contre 9 % en moyenne dans la métropole. Selon une étude[1] les chiffres seraient davantage sous-estimés dans notre département qu'en métropole, la loi du silence dominant davantage.

Pression familiale, situation financière précaire des femmes, chantage aux enfants, scolarité souvent arrêtée plus tôt que chez les hommes (y participent de cet état de fait : les grossesses chez la jeune adulte, voire adolescente, l'emménagement en couple très tôt avec la vie de famille qui s'en suit, le rôle de mère au foyer qu'on attribue ou qu'elle s'attribue…) sont présents.

La Réunion est dans le top des 15 premiers départements français perpétrant, statistiquement, le plus de violences conjugales[2]. 

Dans le département de La Réunion plus d'une femme sur cinq a subi au moins une forme de violence dans un espace public (12%). C'est peut-être vous, votre sœur, votre mère, votre voisine, votre collègue…

Globalement sur le territoire français, une femme meurt tous les 3 jours des coups de son conjoint.

Mais il faut savoir que les hommes aussi peuvent être victimes, même si très peu en parlent. La peur du « moukatage du dalon », notamment.

Cette violence faite aux hommes seraient encore plus sous-estimée que celle faite aux femmes.

Enfin, toutes classes d'âge, toutes les catégories sociaux-professionnelles peuvent être concernées.

 

 

Pourquoi cette violence ?

Quand l'on n'arrive plus à communiquer, les mots, les cris partent d'eux-mêmes. Le corps, lui aussi va traduire cette impossibilité à communiquer. Ainsi celui qui agresse souffre. Certes la victime également, mais il faut se rendre compte qu'une personne violente, est bien souvent une personne dont le vécu infantile n'a pas été très joyeux.

Une famille qui ne communique pas, dans laquelle on n'exprime pas ses émotions et plus sujette à connaître la violence.

Il est hors de question d'excuser les agresseurs, mais pour comprendre leur fonctionnement, pour dépassionner le débat et réagir efficacement, il est bon de l'avoir en tête.

Mis à part les pervers narcissiques (sadiques et manipulateurs) , l'on agresse pas avec le sourire aux lèvres.

Il s'agit souvent d'une escalade de conflits, qui aura menée au passage à l'acte. Cela commence par une accumulation de tensions. La personne victime va alors tout faire pour faire baisser la tension, en surveillant ses propres faits et gestes, ses propres paroles. Elle fera tout pour satisfaire son conjoint. Mais à un moment, cette accumulation de tension va faire « exploser » le ou les protagonistes.

Après l'acte de violence, la victime se sent démolie de l'intérieur, démunie.

La victime va progressivement apprendre à subir en silence pour éviter l'aggravation de la situation. Elle ce centrera sur les besoins de l'agresseur, ses désirs, ses humeurs.

Après cette phase de violence, souvent l'agresseur minimisera son acte.

Il se justifiera et la victime en vient à croire que c'est elle-même qui a provoqué l'agresseur.

La victime va alors se percevoir comme incompétente dans sa vie personnelle et professionnelle.

Parfois, dans une phase de réconciliation, l'agresseur s'excuse, exprime des regrets, plus pour enlever sa propre culpabilité, que par regrets véritables. Il pourra aussi faire des cadeaux.

Mais par la suite, ces actes de violences recommenceront, toujours plus fort et plus souvent.

L'agresseur, souvent ne se voit pas comme violent. Pour l'agresseur, ces comportements sont normaux, ou presque.

 

Assez souvent, l'on retrouve chez les hommes violents, un réel besoin de domination, un sentiment extrême de jalousie. Pour cet homme, sa femme lui appartient. C'est un objet qu'on laisse à un endroit et qu'on reprend qu'en on a besoin. Cette forme de violence conjugale est profondément encrée dans un machisme, pas si rare que cela. Bien que machisme et violence ne se côtoient pas systématiquement.

Pour lutter contre cette considération « objet » de la femme, il n'y a que l'éducation. Cela commence dans la vie quotidienne. Aussi, il ne tien qu'aux parents a veiller à ce que leurs enfants, respectent l'autre. Ces choses là il faut en parler très tôt. N'y a-t-il pas d'autres moyens de signifier à un femme qu'elle nous plait, autrement qu'en la sifflant dans la rue ? Qu'on ait toujours fait cela, quotidiennement, depuis des années, de père en fils, n'est pas une excuse.

Il est franchement malsain de voir un gamin de 9 ans siffler une femme trentenaire lorsqu'elle passe devant lui, de même qu'il est vraiment bizarre qu'un retraité siffle une jeune-femme de 20 ans. Et pourtant, cela se voit, se vie, de temps à autre, dans notre vie de tous les jours.

Personnellement, le seul être vivant que je me permette de siffler, c'est mon chien.

Il ne faut pas tout confondre.

 

Enfin, il y a des facteurs aggravant, plus ou moins prédisposant à la violence au sein du couple : l'alcool, la drogue, l'isolement social, les difficultés financières, la perte d'un emploi.

 

Sous quelle forme se manifeste cette violence ?

-         Tout d'abord, verbale : c'est la forme la plus courante, la plus facile à mettre en place aussi. Il s'agit de cris, d'insultes au quotidien…Difficile à repérer, à discerner comme réel acte violent. Souvent l'on ne considère pas que ce faire insulter peut être traumatisant et laisser des séquelles psychologiques. Elle est souvent précurseur de violences physiques.

-         Et puis, physique : se sont les coups portés à sont conjoints. Par le corps, ou à l'aide d'objet. Les séquelles physiques peuvent être très grave. D'abord psychologiquement, mais surtout biologiquement. Fractures crâniennes, du bras (lorsqu'on se protège des coups), coups dans le ventre (cas des femmes enceintes), hématomes, traces d'étranglement, brûlures…Souvent les victimes, dissimulent les traces par des vêtements, lunettes…

-         Psychiques : ce sont les violences psychologiques. Toutes  les formes de violences provoquent des séquelles psychologiques, mais il s'agit dans cette catégorie, des violences du genre harcèlement moral, très pervers et très destructeur, mais aussi toute forme de pression : chantage par rapport aux enfants (« si tu t'en vas, je tuerais les enfants »), chantage par rapport à la vie professionnelle (« si tu t'en vas je briserais ta réputation…), chantage au suicide…C'est aussi le fait de décider tout pour l'autre, ne lui laisser aucune liberté de décision, d'action. C'est le fait de se faire dévaloriser continuellement, de se faire couper du monde, des relations sociales, professionnelles…C'est aussi la crainte pour votre sécurité, celle des enfants…

-         Mais aussi, financière : le cas classique est le conjoint qui du jour au lendemain, vide l'intégralité de compte bancaire, dit « compte joint ». D'où l'intérêt en couple, de conserver une certaine indépendance financière. Il existe aussi des femmes, qui dans ce genre de situation, privées de ressources financières pour elle et leurs enfants, n'ont pas d'autre choix que de se tourner vers la prostitution.

-         Et enfin, sexuelle : le viol entre époux est puni par la loi. Imposer un rapport sexuel (pénétration, fellation, cunnilingus…) à son conjoint est considéré comme un viol.

 

Quelles sont les conséquences de cette violence :

-         Pour la victime : des blessures irréversibles, tant physiques que psychiques. Des blessures amenant à un handicap (paralysie), une défiguration, ou encore la mort. Des conséquences psychologiques graves pouvant conduire à des mutilations, l'alcoolisme, la drogue, le suicide, troubles alimentaires… Des conséquences physiologiques comme des troubles psychosomatiques : troubles digestifs, maux de dos, maux de tête, palpitations, troubles du sommeil…

-         Pour l'agresseur : des peines de prisons fermes accompagnées ou non de sursis, des amendes et le versement de dommages et intérêts. L'interdiction de côtoyer le domicile conjugal, un suivi thérapeutique obligatoire.

-         Pour l'entourage : il y a deux possibilités concernant l'entourage familial, les amis, les collègues de travail. Soit l'agresseur est très « instantané » est donc aura manifesté de l'agressivité devant les autres, et ces derniers ne manifesteront pas d'étonnement ; soit l'agresseur est très « malin » et donc aura bien « caché son jeu ». Dans ce cas, l'entourage n'y croira pas un instant, et prendre éventuellement sa défense. Certains ne veulent pas y croire, car la déception serait trop forte s'ils  y croyaient. Dans tous les cas, très peu de membres de l'entourage resteront proche de la victime, par peur de problèmes, de la gène, de la honte, de la culpabilité. Enfin, pour un enfant ces actes de violences répétés, sont dévastateurs pour son psychisme. Ils laisseront des traces indélébiles dans l'esprit du jeune, avec tout les risques que cela comporte : répétition des actes de violences, troubles du comportements, difficultés scolaires,  difficultés à construire plus tard une vie de couple, une vie familiale…Les enfants peuvent aussi recevoir des coups directement ou indirectement lors de ces scènes de violences. A noter que les enfants reproduisent souvent ce qu'ils ont vu ou connu. Cela ne veut pas dire que tous les enfants de parents violents deviendront violents à leur tour, mais la plupart des affaires de violences conjugales, après enquête, démontrent que l'agresseur, lui-même n'a pas vécu dans un environnement familial équilibré, sain.

 

 

Des solutions existes : 

-         Parler : parler à son entourage, à sa famille, à ses amis. En ne parlant pas de ce qui vous arrive, l'agresseur a gagné, puisque c'est ce qu'il veut. Il veut que vous vous taisiez pour pouvoir continuer. Ce n'est pas une étape facile, c'est même l'une des plus difficile. Mais à un moment donné, il faut franchir le pas, pour vous, pour vos enfants.

-         Porter plainte : Il ne faut pas culpabiliser. Porter plainte, c'est la seule façon pour que votre agresseur s'arrête. Si vous ne le faites pas, il continuera, vous harcèlera, et pourrait s'en prendre à vos enfants, ou à d'autres femmes/hommes. Porter plainte permet de mettre en place un processus de protection pour vous et vos enfants. Pour porter plainte il est important d'obtenir un témoignage écrit d'une personne autre que vous, en particulier si vous n'avez pas de certificat médical. Ce certificat, vous pouvez l'obtenir auprès d'un médecin qui attestera des violences reçues et de votre souffrance (physique, psychologique…). Et en cas de violences reçues, il est préférable d'aller consulter le plus rapidement possible : pour votre santé, mais aussi pour que les « preuves » soient encore visibles ou entendables. Mais dans tous les cas c'est à vous de porter plainte si vous êtes majeur. Toutefois si votre enfant est également maltraité, que sa santé est en danger, vous devez porter plainte. Sinon, vous aussi risquez d'être poursuivi. Les services de polices, les gendarmeries sont maintenant de plus en plus formé à l'accueil et à la prise en charge des victimes.

-         Chercher du soutien : des associations sont là pour vous entendre, vous soutenir : moralement, financièrement, mais aussi pour trouver une solution d'hébergement, voir d'assistance juridique. En fonction de vos ressources, de la situation, ces aides peuvent être gratuites. Il y a aussi des travailleurs sociaux (assistante sociale notamment) que vous pouvez rencontrer au Conseil Général, au Centre Communal d'Action Social de votre commune…

-         Témoigner : vous n'êtes pas la seule à avoir vécu ces agressions. Ni la première, et malheureusement, ni la dernière. Aussi, l'on peut s'aider soi-même en aidant les autres. Pourquoi ne pas témoigner à son tour ? Sur les forums internet ? Dans les associations ? Participer à des actes de prévention ? Parler de ce qu'on a vécu,  permet de partager et de mieux vivre avec ce que de toute façon, l'on n'oubliera jamais. Et enfin, en témoignant, l'on apporte sa contribution aux autres qui souffrent, ou qui risqueraient de souffrir un jour.

-         Aller de l'avant : ne pas regarder en arrière. Lorsque vous serez dans cette démarche qui consiste à surmonter ces épreuves, engagez d'autres actions, ne stagnez pas…Peut-être est-ce l'occasion de faire de nouvelles choses dans sa vie, d'envisager une nouvelle formation, un nouveau métier ? Du bénévolat ? De renaître ?

-         Refuser : refuser de retourner dans ce genre de situation. Ne cherchez pas à vous jeter dans les bras du premier homme ou de la première femme qui pourrait combler votre manque affectif, votre solitude. Vous pourriez être déçu. Pas la peine de vous fragiliser davantage. Mais en même temps, ne vous fermez pas à toute opportunité de rencontre. Beaucoup de victimes, traumatisées, et qui n'ont pas été accompagnées par un professionnel, fuient les nouvelles relations amoureuses. Ce n'est pas la solution, vous avez droit à votre part de bonheur, de vous réalisez en tant que femme, en tant qu'homme. En ne vous accordant pas votre bonheur, vous donnez encore une fois raison à votre agresseur, qui lui n'a jamais souhaité votre bonheur. Et enfin, réfléchissez si votre « ex » cherche à vous reconquérir. C'est peut-être prendre un risque…Ou non.

 

Pour vous aider dans l'ensemble de ces démarches, vous orienter, les professionnels tel que le médecin généraliste et surtout le psychologue, peuvent vous aider à surmonter ces épreuves dans le temps. Ils exercent en libéral, au sein de groupes de parole, mais aussi au sein d'institutions comme les Centre Médico-Psychologiques ou encore certaines associations. Certaines prêtres aussi (quelle que soit la confession) le feront volontiers.

Enfin, ne pas oublier qu'on a qu'une seule vie, qu'elle est très courte et que comme tout le monde, l'on a droit à sa part de bonheur.

 

 

 

Des associations :

 

-         St André : Association Momon Papa Lé là, 0262461816/0692619451

-         Le Tampon : ARAJUFA, 0262339841

-         St Denis : Mouvement Soutien Femmes en Détresse, 0262305130

-         Sur toute l'île, une possibilité d'écoute : SOS Solitude, 0262258305

 

Des conseils juridiques :

-         Maison de la justice et du droit : St Pierre : 0262498387

          St Paul : 0262557248

          Ste Marie : 0262534115

 

Pour aller plus loin :

 

-         Cocardon Véronique, Après coup : seule face à la violence conjugale, Poche, 157 Pages, environ 6 euros.

-         Torrent Sophie, L'homme battu, Broché, 166 Pages, environ 15 euros.

-         Polvé Catherine, Défense d'oublier : histoire d'une ancienne femme battue, 267 Pages, environ 18 euros.

 

 

 

Article paru dans le magazine « Belle », supplément du « Quotidien », Ile de la Réunion.

[1] Enquête nationale sur les violences envers les femmes à l'île de la Réunion, DRASS, 2003.

[2] Etude de l'observatoire Nationale de la Délinquance, 2008




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