PSYCHOLOGUE-ILE DE LA REUNION-974-psychothérapeute-974-ile de la Réunion-sexo-974, GOULOIS David

PSYCHOLOGUE-ILE DE LA REUNION-974-psychothérapeute-974-ile de la Réunion-sexo-974, GOULOIS David

Exemple de consultation conjugale, N°1

GOULOIS David, psychologue clinicien, psychothérapeute et sexologue, st pierre, 974, ile de la Réunion  0693917865

 

Anamnèse :

Paul et Virginie (pseudonymes; idem les âges sont approximatifs pour conserver l'anonymat des participants; tout élément personnel qui permettrait d'identifier qui que ce soit est modifié, conformément à la loi) sont mariés depuis maintenant 3 ans. Il se fréquentent depuis leur adolescence, ils se sont rencontrés ils avaient respectivement 17 et 13 ans.

Aujourd'hui ils ont 35 et 31 ans.

Ils ont une petite fille de 2 ans.

Madame mère au foyer, niveau d'étude bac comptabilité non achevé. Monsieur, niveau d'étude 3ème, agriculteur.

Aucun problème de santé. Ils viennent consulter en thérapie conjugale ; c'est Madame, me dit ma secrétaire, qui a pris rendez-vous (ce qui montre, en général, pour qui est l'urgence).

Méthode appliquée :

La psychanalyse me servira à comprendre le fonctionnement inconscient individuel et conjugal. Pour permettre aux patients de prendre conscience de ce qui se passe au sein du couple, j'utiliserai la technique systémique. Les recommandations seront cognitivo-coportementales avec exercices à réaliser à la maison.

Durée :

Une séance toutes les semaines pendant un mois afin de provoquer un électrochoc chez les patients et permettre un vrai travail de réflexion entre les séances de qualité au sein du couple. Puis une séance tous les quinze jours pendant un mois. Enfin, une séance par mois pendant trois mois.

Combien ça coûte un traitement chez le psy ? Au total 9 séances à 45,00 euros l'unité. Coût total du traitement : 405,00 euros sur 5 mois.

Je ne détaillerais que la première séance, dans son essentiel. Les autres séances ne sont que des réajustements de communication, d'exercices à faire au quotidien.

Séance 1 :

Objectifs : Exposition du cadre thérapeutique. Déterminer les causes de la souffrance au sein du couple, ses faiblesses mais aussi ses ressources, ses qualités. Finir la séance par une explication de ce qui se déroule en sein des deux personnes, donner des recommandations et des exercices.

Le cabinet possède deux canapés. Chaque patient en prit un. Paul en face de moi, mais plus loin aussi. Virginie, de profil sur ma droite, mais plus proche. Généralement la place en face est choisie par les hommes, rapport au besoin de maitrise et à la possibilité de fuir. Les femmes, plus dans l'attitude d'écoute et de compréhension, moins sur la défensive viennent à ma droite. Toutefois, même si très souvent les couples prennent le canapé à ma droite et donc plus prêt de moi, l'homme sera toujours à la place la plus proche de la porte. Par ailleurs, quand un couple choisi deux canapé séparés c'est signe de tension extrême voire, de mépris ou de dégout de l'autre.

Psy : ici on peut tout se dire. On peut parler de tout, sans tabou, y compris de sexualité. Les gros mots sont permis, du moment que personne n'est insulté. Vous aurez la parole chacun votre tour. Je ne suis pas là pour prendre parti ni de l'un ni de l'autre. Vous pouvez parler en créole comme en français, c'est vous qui voyez. Ceci dit n'étant pas magicien, n'attendez pas de moi que vos problèmes se règlent en une séance. De fait, le psy ne fait pas tout le boulot c'est aux patients de travailler en dehors des séances, en réfléchissant à ce qui se dit ici.

Des questions ?

Couple : signe de la tête négatif.

Psy : Bien. Madame, dites ce qu'il faudrait améliorer dans votre couple, qu'est ce qui ne vas pas.

Virg : Eh bien nous avons de gros problèmes de communication, on se dispute tout le temps. Il ne fait plus attention à moi. Il ne me prend plus dans ses bras, les seules fois où j'ai des caresses c'est quand monsieur veut quelque chose.

Psy : des rapports sexuels ?

Virg : Oui.

Paul, ne dit rien regarde le sol.

Psy : et quoi d'autres encore ?

Virg : on est pas d'accord sur l'éducation. Et puis il ne s'exprime pas. Alors quand on dispute, moi je veux qu'on en parle, et lui ne dit rien. Alors ca m'énerve et du coup j'insiste encore plus. Et lui, il fuit. Ca viens de son père c'est sur.

Nb : les femmes avant de voir un psy on souvent lu des trucs sur internet ou des bouquins et ont déjà commencé seules à analyser leur couple. Parfois elles ont raison, et parfois elles se trompent totalement. C'est toujours risquer de jouer au psy, car des fois on envenime la situation en réveillant chez l'autre des douleurs du passé.

Psy : et qu'est qu'il y a de bien dans votre couple, ou chez votre mari ?

Virg : il est gentil, serviable, mais toujours pour les autres. Pour moi, je n'existe pas. Il est travailleur. C'est sur il est beaucoup au travail…Et puis week-end, il est pas avec nous (femme et enfant), il est chez sa famille ou avec camarades. Du coup à la maison c'est moi qui me tape tout. Je suis sa mère.

Pys : A vous Monsieur. Qu'est qu'il ne vas pas ?

Paul : Elles est toujours sur mon dos. Elle ne me laisse rien décider. De toute façon quoi que je fasse ce n'est jamais bon. Mais sinon, pour moi y'a pas de problèmes. C'est elle qui a voulu venir ici.

Psy : ok, vous étiez pas très chaud pour venir voir un psy…Et sinon, ya des choses de bien dans votre couple, chez votre femme ?

Paul : si si…

Psy : ben quoi alors ?

Paul : (silence)

Psy : votre femme n'a pas de qualités ? je sais pas moi ?

Paul : roooo si elle doit en avoir, comme tout le monde, mais là, j'avoue que je vois pas trop…

Psy : ca viendra peut-être après…

Nb : par expérience, je sais que certains hommes n'ayant pas appris à exprimer leurs émotions et donc à faire attention avec celles des autres, ont du mal à dire ce qu'ils ressentent. Ils ne font pas attention au détails, et ont aussi du mal à s'en souvenir. Il ne faut pas que je le brusque. Il ne voulait pas venir voir le psy (comme beaucoup de conjoints : « c'est toi qui folle pas moi ; va voir le psy toi ») ; sinon je vais le perdre (il n'entendra pas mon discours, ne voudra créer une dynamique de changement).

Virg : tu as oublié de lui dire quelque chose d'important ! hein, on est là pour tout lui dire !

Nb : généralement quand une femme dit ceci, cela sent l'adultère…

Paul : (Silence). Quoi ?

Virg : il m'a trompé docteur, j'étais enceinte de ma fille.

Nb : Gagné…Intéressant le « ma fille » ; il semble que l'enfant ne soit qu'a maman. Se pose la question de savoir si la mari prend sa place ou si on lui donne la possibilité de prendre sa place de père ;

Psy : ah. Pouvez nous en parler Monsieur ?

Paul : c'était juste une fois.

Virg : oui mais ça c'est ce qu'il dit…

Paul : mais si, je t'ai l'ai dit, c'est arrivé qu'une fois, et puis voilà…

Psy : et sexuellement, comment ça se passe à la maison ?

Paul : bah normal. Virginie aquièce.

Psy: c'est quoi normal ? connait pas moi… Combien de rapport par semaine ?

Virg ne dit rien.

Paul : Ouh la, ca fait longtemps !

Psy : madame, combien de temps ?

Virg : je dirais six mois.

Psy : ah bon ? et ça c'est normal ? Ben vous avez bien fait de venir (je m'adresse à monsieur), parce que moi, perso, j'aurais les boules…

Nb : j'utilise souvent l'ironie, l'humour, le langage peu soutenu. Cela me rend plus accessible de mes patients, fait moins « docteur ». Et puis, après tout, un entretien psy, c'est une discussion sans la plus franche possible.

Psy : Et cela ne vous manque pas ? (je pose la questions aux deux).

Paul : ah ben si bien sur.

Virg : oui c'est sur.

Psy : et cela fait longtemps que vous avez aussi peu de rapports ?

Paul : cela à commencé dès la grossesse…elle était déjà comme ça.

Virg : oui c'est vrai ;

Psy : Madame on dirait que vous vous êtes réalisé complètement en devenant mère. Oubliant votre mari, et oubliant votre rôle d'amante auprès de lui. Lui du coup, cela peut-être du l'énerver et cela vous a renvoyé encore plus, ,madame, dans vos retranchements. En même temps, monsieur, les femmes, si elles ne sentent pas bien dans leur tête, en bas ça ne marche pas. Faut que ça aille bien en haut, pour que cela démarre en bas.

Hors pour qu'une madame aille bien, il faut qu'elle se sente sécurisé, hors vous êtes beaucoup au travail. Faut qu'elle se sente comprise, aimé et désiré ; Pour cela des attentions quotidiennes, comme des sms amoureux, coquins, un bouquet de fleur de temps en temps, et pas seulement aux fêtes, son magazine préféré, son gâteau préféré, une balade au front de mer, un resto, un ciné…Bref, tout cela, met madame en condition. Et surtout s'intéresser à se journée, parler de la vôtre, échanger…

Nb : madame acquiesce. Monsieur, me dit « oui c'est vrai ».

Virg : il le faisait avant…

Psy : après madame, si vous voulez un homme qui s'investisse dans le couple et dans la famille, il faut aussi lui en donner envie. il lui faut une carotte. Et le sexe en est une, surtout chez un homme.

A vous de parler ensemble de vos fantasmes, de vos envies. A vous d'amener de la nouveauté petit à petit dans vos ébats…je sais pas moi, envoyez-vous en l'air dans un champs de canne, à l'hôtel, dans votre voiture, dans le salon…trouvez vos trucs à vous. Bref, soyez créatif ! le sexe c'est le jeu des adultes, c'est ce qui permet la complicité. Après, je rappel que pour avoir ces moments, il faut aussi y mettre du romantisme. C'est à vous monsieur de surprendre madame dans la vie quotidienne. Et puis, si elle se tape toutes les corvées à la maison, elle est fatiguée et n'a pas envie de faire l'amour non-plus. C'est à chacun de tenir compte des envies et de besoins de l'autre.

Le sexe on en parle avant, pendant et après les rapports.

Après, si malgré tout, vous n'avez pas de libido madame, il y a peut être un travail à faire en individuel. Enfin, je vous laisse y réfléchir.

Nb : tout le monde est d'accord.

Psy : vous avez dit enceinte de « ma fille » tout à l'heure. On dirait que ce n'est que vptre enfant, madame ?

Virg : non ce n'est pas ça, mais c'est moi qui m'occupe d'elle tout le temps.

Psy : pourquoi, monsieur.

Paul : c'est comme ça, on a pris l'habitude.

Psy : vous devez laisser monsieur s'occuper de sa fille ; cet enfant vous l'avez fait à deux, c'est à deux que vous devez vous en occuper. Est-ce que par hasard, madame, cette naissance et cette grossesse n'a pas comblé votre besoin d'affection que vous n'aviez pas avec votre mari ?

Virg : si c'est ça ! (une petite larme)

Psy : cette enfant ne doit pas être là pour former un pseudo couple avec vous madame. Et vous, vous devez la laisser découvrir son père, et son père découvrir sa fille. Si cela n'est pas fait, elle aura du mal dans sa future vie de couple, de famille ; Et même à l'adolescence vous aller en baver, étant donné que c'est au père de représenter particulièrement la loi dans la maison. Difficile de représenter cette loi, quand on n'est pas respecter par son gosse. Et pour être respecter il faut passer du temps avec lui.

Et vous monsieur, en vous occupant de votre enfant (j'insiste sur le votre, c'est volontairement culpabilisant), madame sera plus disponible pour passer du temps avec vous. Mais pas que du sexe qu'on soit bien clair. Même si je vous l'accorde, cela fait partie du temps à passer ensemble.

Les parents acquiescent

Psy : et concernant l'éducation, vous devez trouver des accords. Le couple ce n'est que des compromis, tout le temps. C'est comme ça. Vous devez, même si vous n'êtes pas d'accord avec votre conjoint,, devant l'enfant, l'être en tout cas. Après, cela, ca se discute sur l'oreiller.

Nb : la fin de séance approche. Je fini par des exercices :

Psy : pour la prochaine fois, je veux que vous notiez tout les deux, séparément, dans un carnet, les progrès que chacun à fait et les choses qui doivent encore être améliorer. Et on en parle en séance.

Enfin je vous donne des petits tuyaux : ne jamais s'endormir fâché, démerdez-vous pour vous réconcilier avant de dormir. Sinon la nuit vous allez vous faire des films, et vous ne garderez en mémoire que les moments négatifs de votre couple. Votre couple doit se créer des moments positifs, pour contre-balancer les moments négatifs que de toute façon il y aura. C'est comme ça dans tout les couples, y compris le mien.

(rires des patients).

Psy : si si. Alors vous voyez si même chez le psy c'est possible, je vois pas pourquoi cela ne pourrait pas l'être chez vous.

Nb : des fois, je donne des exemple perso sans trop me livrer. Cela me rend également accessible, et « si cela arrive au psy, alors pourquoi pas nous » permet de dédramatiser au laissant aux patients que leur couple n'est finalement pas plus pourrit que le couple des autres ;

Enfin, quand l'un crie, vous ne devez pas crier encore plus fort. Sinon c'est l'escalade. Baissez d'un ton, et respirez un coup. Vous verrez, que l'autre aussi baissera le ton.

Et vous devez enfin vous trouver des objectifs, des projets. Le projet fait vivre le couple et le solidarise. On en reparlera.

 

 

Lexique :

Psychanalyse : thérapie qui vise à faire remonter à la conscience les choses oubliées par l'esprit, souvent des traumatismes, des faites marquants rendus inconscients. Cela permet de comprendre le pourquoi d'un comportement, ce qui amène spontanément la personne à changer d'attitude.

Thérapie cognitivo-comportementale : thérapie qui a pour objectif de changer le comportement d'une personne en lui faisant comprendre les mécanismes sous-jacents de ses actes et en lui donnant des exercices de renforcement du positif.

Systémie : thérapie qui vise e explorer le système d'une famille ou d'un couple, son fonctionnement. En agissant sur les mécanismes du système, on modifie la communication et les interactions entre les membres de ce système.

 

Publié dans le magazine An'form, Ile de la Réunion.



30/03/2013
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